Son Altesse rousse
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Du vin sur la chemise, mais pas que !
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Parlons peu, parlons bière !
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Il y a peu nous avons décidé avec mon bon pote Jordan de nous mettre à faire notre bière maison....
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Son Altesse rousse

Et non, l’Avinlanche ne devient pas un blog people et continue de se concentrer sur les boissons alcoolisées. Pour cet article je vais vous parler du cépage roi des vins blancs de Savoie et du Bugey : l’altesse, que vous rencontrerez aussi sous le nom de roussette.

Il ne s’agit pas à proprement parler d’un cépage oublié, mais l’altesse n’est pas non plus un de ces cépages que l’on retrouve de partout. D’après l’interprofession des vins de Savoie on la retrouve sur près de 200 hectares, sachant que le vignoble savoyard est estimé à près de 2 000ha, soit en gros 10% . Concernant son origine, il n’existe aucune source complètement certaine. Le plus souvent, l’altesse est annoncée comme étant originaire de Chypre. Anne de Lusignan (fille du Roi de Chypre) l’aurait ramenée en Savoie suite à son mariage avec Louis II, Duc de Savoie durant le XVème siècle, du moins avec l’ancêtre de la roussette. Il existe d’autres pistes quant à son origine. Le « pape » des ampélographes (la science des cépages), Pierre Galet, trouve que l’altesse se rapproche beaucoup d’un cépage hongrois, le furmint. Et l’origine du furmint est encore floue… Originaire d’Italie ? De Chypre (tiens donc…) ? Bref, complètement savoyard ou importée au cours du Moyen-Âge, impossible de savoir. Dans tous les cas l’altesse n’est maintenant trouvable que par chez nous et gagne petit à petit en renommée.

Une belle grappe d’altesse qui a tendance à roussir

Concernant son nom, il ne faut pas chercher très loin. Le terme roussette vient tout simplement de la couleur des raisins qui ont tendance à roussir grâce au soleil, alors que le terme altesse a de fortes chances d’être lié aux Ducs de Savoie, les vins issus de ce cépage leur étant réservés. Enfin, c’est ce que l’on raconte mais encore une fois aucune possibilité de vérifier cette information à 100%. Petit détail qui a son importance également, mais on parle souvent du cépage comme étant l’altesse, du moins en Savoie, alors que l’appellation est Roussette, que l’on peut ensuite faire suivre d’une dénomination géographique plus ou moins précise : de Savoie, de Frangy, de Marestel, de Monterminod, de Merthoux ou encore du Bugey. Les appellations un peu plus précises géographiquement se situent sur l’axe entre Chambéry, la rive Ouest du Lac du Bourget et Frangy, en passant par Seyssel (où l’on fait des vins 100% Altesse dans l’AOP Seyssel). Bien entendu il est possible d’en faire en dehors de ces appellations ou encore de faire des assemblages avec d’autres cépages.

Maintenant que vous en savez un peu plus sur l’origine de ce cépage et où on peut le trouver, il faut parler de ce que l’on va retrouver dans le verre. Je vous épargne la multitude de détails concernant la culture de la vigne ou autres et vous parler de ce que l’on obtient comme type de vin. L’altesse est d’une certaine façon la reine des vins blancs savoyards. Moins présente sur le territoire que la jacquère, elle est souvent considérée comme plus qualitative et permet d’avoir des vins plus riches. En effet, l’altesse est un cépage qui d’une part va avoir une belle acidité tout en ayant un peu plus de sucres que la jacquère. Il n’est donc pas rare de se retrouver face à une bouteille de Roussette de Savoie où il reste quelques sucres (de l’ordre de quelques grammes). Au niveau aromatique on retrouve souvent des notes de miel ainsi que de fruits mûrs comme la pomme, la poire, le coing ou encore la pêche. Il n’est pas rare non plus de retrouver des arômes plus floraux ou bien rappelant l’amande.

Du côté de Jongieux, pas très loin du cru répute de Marestel

Il s’agit là de l’un de mes cépages préférés, qui permet souvent de chouettes accords. En fonction des cuvées et des producteurs vous pourrez accompagner votre altesse d’un plat savoyard (raclette, tartiflette), d’une volaille à la crème ou encore d’un joli poisson assez fin. Il est même possible de tenter des accords avec des makis et sushis ou pourquoi pas un tajine de poulet à l’abricot. Si vous cherchez quelques producteurs pour découvrir ce cépage, je vous conseille d’aller voir du côté de Franck Peillot dans le Bugey, du Domaine Dupasquier à Jongieux ou encore chez Nicolas Ferrand des Côtes Rousses.

Du vin sur la chemise, mais pas que !

Il y a peu je me suis inscrit à un site en ligne pour tester des produits. J’avoue que de base je n’y croyais pas trop, n’étant pas un fana des réseaux sociaux et autres. Mais, à ma grande surprise, j’ai été sélectionné pour tester une chemise. Oui oui, une chemise, et en théorie ça n’a rien faire ici. Sauf que, par le plus grand des hasards, il se trouve que cette marque de chemise fait des vêtements avec un côté bistronomie revendiqué et donc des motifs ayant un lien avec le vin. Pas mal non ? Bref, rien ne m’obligeait à parler de cette marque, Hanjo, ici, mais j’avais bien envie de souligner l’initiative et la qualité du produit.

La chemise à son arrivée

Et alors cette chemise ? Ça donne quoi ? Tout d’abord il existe plusieurs motifs sympas, à base de verres de vin ou de grappes de raisins par exemple. Ensuite, le tissu est plutôt léger et agréable à porter, ce qui permet donc de la porter toute l’année. Seul léger hic, une petite couture un peu fragile qui se défait, mais rien de bien grave et d’irrécupérable. Au niveau de l’envoi, la chemise est arrivée bien emballée avec des « Conseils de Dégustation ». Autrement dit des indications pour laver sa chemise à la bonne température, la repasser comme il faut, … Et c’est toujours appréciable comme initiative. Ce qui nous donne au final des chemises plutôt chouettes avec des motifs autour du vin, le tout en étant agréable à porter. Le petit plus c’est clairement le service client avec de l’attention portée aux clients et de la prise en considération, et ça, ça fait toujours plaisir.

La chemise portée

Pour poursuivre je ne vais pas vous parler de vins mais plutôt de ce que l’on met autour. Il existe une mode avec de nombreux gadgets concernant le vin, et j’ai tendance à trouver que l’on en fait trop, et surtout qu’ils ne sont pas forcément utiles. Que ce soit le coupe capsule, le tire-bouchon hyper technique, ou encore l’aérateur, on a l’impression qu’il faut forcément une petite panoplie du parfait amateur de vin. Alors qu’en fait non, souvent les gens qui bossent dans le vin vont à l’essentiel et ne se servent que de quelques objets primordiaux.

Le fameux sommelier double-levier !

Le tire-bouchon par exemple est indispensable. Mais de mon côté je préfère largement un tire-bouchon dit de sommelier plutôt qu’un engin de guerre pour ouvrir une bouteille. Sur ce genre de tire-bouchon on a tout : le couteau pour ouvrir la capsule sous la bague (alors que le coupe-capsule le fait au dessus…), et le tire bouchon avec un double levier (très important le double levier !). Bref, l’essentiel. Une fois que vous avez votre bouteille d’ouverte il ne vous manque pas beaucoup de choses pour apprécier votre vin. Il vous faudra un verre (ben oui logique) votre bouteille ouverte et normalement tout devrait bien se passer.

Aérateur ou soufflet ?!

Si votre vin a besoin de prendre un peu l’air il vous manquera juste une carafe, et éventuellement un thermomètre si vous aimez la précision lors du service (mais pour le coup c’est vraiment anecdotique le thermomètre). Bref, deux objets que l’on peut facilement se procurer et que vous serez amenés à réutiliser assez souvent.

La prochaine ça sera direction la Savoie et ses cépages avant de parler de nouveau bières maisons et conseils liés au vin !

Parlons peu, parlons bière !

Il y a peu nous avons décidé avec mon bon pote Jordan de nous mettre à faire notre bière maison. A terme, l’idée c’est d’avoir quelques recettes qui fonctionnent, puis de pouvoir expérimenter de nouvelles choses de temps en temps.

Il est un peu tôt pour vous parler de nos résultats, je vais donc plutôt en profiter pour m’attarder sur la bière en général. Les ingrédients utilisés, les étapes pour faire sa bière ainsi que les nombreux types de bière. Avant de parler des différentes étapes du brassage, il faut parler d’ingrédients, comme dans toute bonne recette. D’ailleurs, n’hésitez pas à vous ouvrir une petite mousse avant de continuer cet article !

Pour faire de la bière, c’est plutôt simple dans l’idée. Il faut de l’eau, beaucoup même, du malt, du houblon, des levures et un peu de sucre. L’eau c’est la base de toutes les boissons, il en faut forcément dans une boisson alcoolisée. La particularité quand on fait de la bière c’est que cette fameuse eau ne provient pas des fruits, céréales ou plantes, contrairement au vin avec le raisin par exemple.

Du malt pas encore moulu

Le malt c’est tout simplement une céréale qui a germée. Pour faire simple et pas trop compliqué, en la faisant germer, la céréale va ainsi subir des transformations, dont la production de certaines enzymes (protéines) nécessaires pour la saccharification de l’amidon. La saccharification de l’amidon c’est tout simplement le moment où les sucres complexes vont se transformer en sucres plus simples et fermentescibles. Ces sucres sont primordiaux, car plus tard, durant la fermentation, ils se transformeront en alcool grâce aux levures. Il est également possible d’extraire durant le brassage des sucres non-fermentescibles (qui ne fermenteront pas donc), qui vont donner du corps, de la rondeur à la bière. Les malts apportent également des arômes, plus ou moins marqués, ainsi que de la couleur que l’on note en EBC (European Brewery Convention). Une bière anglaise style stout (la Guinness par exemple) s’approchera facilement des 70  EBC, alors qu’une blonde ne dépassera que rarement les 10 EBC.

Le malt après un petit passage au moulin

Autre élément important : le houblon. Plante omniprésente dans la fabrication de la bière, il en existe beaucoup de variétés différentes. Souvent on distingue deux grands types de houblons : les aromatiques et les amérisants. Vous vous en doutez, les aromatiques sont là pour donner des arômes à la bière, quand les seconds ont pour rôle d’apporter de l’amertume à la bière. Bien entendu un houblon ne fait pas que l’un ou l’autre, il apportera forcément un peu d’amertume ou des arômes. Il existe également des houblons très polyvalents, apportant ainsi des deux. Enfin, tout est une question de dosage entre les houblons, entre les diverses variétés et la quantité que l’on va utiliser. Quand on fait sa bière, il devient donc particulièrement intéressant de jouer avec les houblons en tentant des combinaisons, en fonction du type de bière que l’on veut faire. Comme pour la couleur, on peut mesurer l’amertume via l’IBU (International Bitterness Unit), qui donne ainsi un indice permettant de se faire une idée du niveau d’amertume de la bière en question. Par contre cette valeur est à prendre avec des pincettes, car le ressenti avec 2 bières ayant exactement la même amertume peut être bien différent. En effet, l’IBU est une donnée brute qui ne prend en compte ce qu’il y autour comme la densité de la bière en question. S’il reste des sucres dans la bière, celle-ci sera plus dense, et donc augmentera le corps de la bière ainsi que la sensation de rondeur. Plus une bière est dense, moins on ressentira l’amertume de la bière, compensée par la douceur de celle-ci. A l’inverse, une bière peu dense permettra de mieux ressentir l’amertume, même si celle-ci est moins importante que dans d’autres bières théoriquement plus amères. Bref, comme dans le vin, la bière c’est avant tout une question d’équilibre entre les différents éléments qui la composent.

Houblon en cônes

Quand vous avez ces deux éléments, que vous rajoutez de l’eau (beaucoup d’eau bien entendu), il ne vous manque plus que des levures pour faire fermenter tout ça, avec un peu de sucre pour créer cette dernière fermentation. Les levures ont pour rôle de transformer les sucres simples en alcool. Elles sont donc indispensables pour faire la bière mais également le vin. La principale différence avec le vin c’est que pour la bière il est quasiment impossible de réussir à faire une bière sans ajouter de levures. Il faut donc de nouveau faire un choix concernant la levure en fonction du type de bière que l’on veut faire. Les levures ne se mettent pas toutes au travail à la même température, apportent des arômes différents, et vont donc à leur tour caractériser la bière.

Une fois que vous avez tout ça, vous pouvez faire de la bière. Enfin presque, il y a ensuite tout un procédé à suivre pour extraire ce que l’on veut des malts et houblons, mais j’aborderai tout ça dans un autre article.

Petit retour des Fêtes

Les fêtes sont passées, la nouvelle année peut donc commencer ! Et la meilleure façon de la commencer, c’est de parler des vins bus lors des fêtes précédentes ! Il se trouve que c’est également le moment où j’ai le plus de mal pour prendre des notes où garder suffisamment longtemps en tête ce que j’ai pensé de chaque vin. A défaut de vous livrer une analyse complète, je vais au moins vous partager mes quelques coups de cœur de ces fêtes.

Le Mont Sec, 2014, Vouvray, Domaine Huet

Et pour commencer, j’ai envie de vous parler de deux blancs. Le premier c’est la cuvée Le Mont Sec, 2014 du domaine Huet sur l’appellation Vouvray. Ce domaine est bien connu des amateurs de vins et il faut dire que c’est l’un des tous meilleurs de la Vallée de la Loire. Ce vin mérite d’attendre encore un peu de temps, mais il fonctionnait plutôt bien sur le foie gras. Bien que sec, on retrouve un petit peu de sucre (vraiment très peu), ce qui permet un très bel équilibre entre l’acidité et le sucre. Au niveau aromatique on retrouve des notes d’agrumes, ainsi que de poire. Le tout est accompagné par un côté assez minéral et salivant en fin de bouche.

Autre blanc qui m’a marqué, il s’agit de la Macération du Soula 2014. Comme son nom l’indique, c’est un vin de macération et donc ce que l’on peut appeler un vin orange (même si j’ai déjà vu bien plus orange). Pour ce vin on retrouve une majorité de vermentino et un peu de maccabeu. Ces deux cépages du sud donnent un vin aux arômes d’agrumes confits et de fruits exotiques. En bouche c’est vraiment surprenant car on retrouve la typicité des vins de macération, un côté tannique donc mais qui n’est pas envahissant et ne rend pas le vin trop lourd. Les tanins sont soyeux et donnent une bouche ample et ronde. L’acidité se fait de plus en plus ressentir et permet ainsi d’équilibrer ce vin. Mes parents voulaient me faire découvrir un vin et c’est clairement une belle réussite. La prochaine fois je tenterai un accord avec des sushis et makis ou un tajine de poulet avec des fruits (abricots par exemple).

La Macération du Soula n°14

Un dernier blanc avant de passer aux rouges, il s’agit cette fois d’un vin plus classique mais très intéressant également : le Meursault « Les Vireuils » 2012 de Christophe Vaudoisey. Le nez est plutôt fidèle de ce que l’on attend d’un Meursault : citronné avec des notes beurrés et plutôt complexe. En bouche l’attaque est franche puis laisse la place à un peu plus de rondeur avant de reprendre le dessus et laisser un côté salivant en bouche. Bien entendu on retrouve le côté citronné et beurré mais également des notes d’amande.

Allons du côté des rouges maintenant, et particulièrement du côté de la Bourgogne et du Beaujolais. J’avais envie de goûter les vins de Jean-Marc Burgaud que j’ai acheté il y a quelques années et qui dorment patiemment en cave. Noël était donc l’occasion d’ouvrir une bouteille de Javernières 2013, sur l’appellation Morgon (comme la grande majorité des vins de ce vigneron). On est en face d’un vin qu’il faut garder, et la dégustation me l’a confirmé. Le nez est assez profond et tend plutôt sur la cerise et la mûre. Ce n’est pas un nez exubérant mais plutôt fin avec également un petit côté terreux. Le vin paraît assez dur dans un premier temps puis s’ouvre petit à petit, s’épanouissant et laissant alors des tanins fins et nobles s’exprimer. Le tout va avec une belle fraîcheur en bouche qui répond ainsi aux tanins. Un vin qu’il faut donc carafer si bu d’ici peu mais qu’il vaut mieux laisser se reposer quelques temps en cave encore.

Javernières 2013, Morgon, Jean-Marc Burgaud,

Après le gamay, place au pinot noir avec le Marsannay 2014 de Sylvain Pataille. Situé tout au nord de la Côte de Nuits, cette appellation est souvent sous-estimée. Dommage pour ceux qui passent à côté, car Sylvain Pataille sort de très belles cuvées. Son Marsannay a un nez envoûtant, où l’on retrouve des notes de fruits rouges comme la framboise et la cerise, des pointes d’épice (poivre entre autres), ainsi qu’un léger côté fumé. Après une attaque souple, l’acidité se fait de plus en plus ressentir, permettant ainsi d’avoir un vin plutôt droit. Les fruits rouges restent très présents tandis que les tanins se manifestent tout en restant assez fins.

Dernier rouge et cette fois on part sur la Côte de Beaune, un peu plus au sud donc. De nouveau un vin de Christophe Vaudoisey, mais cette fois-ci sur Volnay, une appellation voisine de Meursault. Il s’agit d’un 1er Cru « Les Caillerets » 2012, et ce vin « pinote ». On utilise ce terme pour désigner un pinot noir qui au nez et en bouche est typique du pinot noir. On retrouve donc les fruits rouges et frais, ainsi que des notes fumées, épicées et une certaine finesse. En bouche les tanins sont bien présents et soyeux mais laissent penser que ce vin a encore quelques belles années devant lui. Les épices ressortent également en bouche, le tout avec un bel équilibre général.

Cerdon 2015, Renardat Fache

Dernier petit retour sur le Cerdon de Renardat Fache. J’en avais rapidement parlé lors d’un article précédent, et j’ai décidé donc de le mettre en fin de repas histoire de rafraîchir tout le monde, et ce fut un franc succès. Tout le monde a apprécié le côté léger et un peu sucré, ainsi que l’aromatique fruitée mais pas entêtante. Bref, le compagnon parfait pour terminer les fêtes et profiter d’un bon canon sans trop s’enivrer.

J’espère que de votre côté les fêtes se sont bien passées et j’en profite pour vous souhaiter la bonne année. D’ici quelques jours de nouveaux articles devraient arriver, parlant de bières maisons, de conseils d’ouvertures concernant le vin et puis enfin un premier article sur un cépage savoyard.

Choisir ses vins pour Noël ? Fin du casse-tête ! Partie 2

Poursuivons le cheminement classique de ce casse-tête de Noël. Pour les retardataires, si vous voulez commencer par le commencement c’est par ICI. Pour les autres continuons avec le reste de ce fameux repas de Noël !

Ce Père Noël a l’air d’avoir plein de conseils !

Nous voila maintenant en face du plat, si vous faîtes dans le classique, il y a de fortes chances pour que vous vous retrouviez en face d’une volaille ou d’un rôti. C’est bon, maintenant on peut sortir les quilles de vin rouge. Ben oui, il faut bien qu’on y vienne à un moment ou à un autre. De mon côte je vais prévoir 2 cuvées différentes, pour un total de 4 bouteilles. Dans l’idée j’aime bien imaginer une suite logique entre les vins, le fait de commencer par une cuvée puis d’enchaîner sur l’autre. Mais je trouve qu’il est également important que chacun puisse faire comme il veut, surtout si l’on aime une cuvée et pas l’autre. L’idée est donc de proposer quelque chose de cohérent tout en laissant chacun faire selon ce qu’il préfère. Si vos bouteilles sont bien choisies, normalement l’ordre devrait être respecté, ce qui permettra une progression dans le vin. En tout cas ne perdez jamais de vue que lorsqu’un vin succède à un autre, il ne faut surtout pas que l’on en vienne à regretter le précédent. Les ordres théoriques du style « du plus vieux au plus jeune », « du moins puissant au plus puissant » et autres ne fonctionnent que sur le papier. Le seul moyen de savoir si votre enchaînement de vins va fonctionner, c’est de goûter. N’hésitez donc pas à ouvrir vos bouteilles quelques heures en avance et à en goûter un fond (comme ça vous savez ce que ça donne et vous avez le temps de rebondir si une bouteille est bouchonnée). Par la même occasion vous pourrez carafer un vin si ça s’avère nécessaire.

Un chapon qui gambade encore dans la nature

Après le plat on a souvent le droit à la transition fromage. Là c’est un peu délicat. Dans la très grande majorité des cas, les vins blancs s’accordent mieux que les rouges avec du fromage. La faute à des tanins trop présents, à des vins trop puissants, ou encore à des aromatiques qui ne vont pas forcément matcher avec les fromages. Sauf qu’en France on a l’habitude de toujours boire du rouge avec le fromage. Personnellement je ne me sens pas de me brouiller avec mon grand-père têtu comme une mule pour une histoire de fromages et de vin rouge. J’ai donc pour habitude de toujours prévoir un poil plus de rouge pour le plat, comme ça ceux qui veulent continuer au rouge sur le fromage peuvent. De toute façon à ce moment là, ils ne recherchent pas l’accord, juste le goût qu’ils ont l’habitude de connaître. C’est dommage parce qu’il existe plein d’autres choses avec le fromage, mais si c’est ce qui leur fait envie, pourquoi pas. Encore une fois, le but reste que chacun passe un bon repas où il se fait plaisir. Forcer quelqu’un à boire du blanc avec le fromage alors qu’il est certain que le rouge fonctionnera mieux, ça ne marchera pas. Il restera persuadé que le rouge c’est mieux. C’est le genre de chose qu’il faut faire sur la longueur, en prenant le temps. Pour les autres c’est le moment de sortir un blanc qui saura accompagner le plus grand nombre de fromages. Si vous avez un plateau assez régional, et bien faîtes de même avec le vin, choisissez un vin local. Un plateau Alsacien avec du Munster, foncez sur un gewurztraminer, un comté et vous pouvez aller sur le Jura, du beaufort et autres pâtes dures alpines et cette fois c’est l’occasion de découvrir la Savoie. De mon côté je vais me contenter de prévoir une seule bouteille pour le fromage. Une roussette savoyarde devrait parfaitement faire l’affaire et avoir ce côté assez consensuel et adaptable aux différents fromages. Entre ceux qui vont rester au rouge et ceux qui voudront faire une pause vin, ça devrait être suffisant.

Cerdon 2015 de Renardat-Fache

Et maintenant le moment fatidique, le dessert ! C’est bon, vous pouvez faire péter les vins sucrés ! Plus sérieusement, avec le dessert c’est toujours compliqué d’annoncer un accord qui passera partout étant donné les nombreuses possibilités. Entre les bûches au chocolat, aux fruits, ceux qui vont plutôt partir sur un tiramisu, un trianon ou bien une tarte tatin, il y a de nombreuses raisons de se perdre. Si vous avez un dessert plutôt fruité, vous pouvez par exemple aller sur un vin effervescent, pourquoi pas du Champagne, Crémant, ou bien un Pétillant Naturel (Pet’Nat’ comme on dit). Contrairement à ce que l’on pourrait penser, mettre un vin sec ne va pas atténuer le côté sucré du dessert. Cela renforcerait tout simplement le contraste entre les deux, et mettrait donc encore plus en évidence le sucre du dessert. Pour essayer de jouer sur cette sensation sucrée liée au dessert, il vaut mieux aller sur un vin sucré donc, tout en essayant d’apporter de la fraîcheur via l’acidité. Et c’est là tout l’intérêt des vins effervescents qui peuvent justement apporter de la fraîcheur via les bulles et leur acidité, tout en gardant le côté festif. Pour ma part je vais certainement sortir un Cerdon de Renardat-Fache, et garder une bouteille de Feste’Jar de Patrick Bouju en réserve.

Si vous n’avez pas envie d’aller sur des bulles, vous pouvez tenter les Vins Doux Naturels (VDN). Beaucoup de choix s’offrent à vous, permettant de s’adapter au dessert prévu. Gardez juste en tête qu’un VDN en face d’un dessert déjà très sucré risque fortement de le rendre pataud. L’idéal serait d’aller sur des desserts à base de chocolat et peu sucré, avec pour le coup pas mal de vins qui peuvent fonctionner, en particulier ceux à base de grenache.

Pour ceux qui ont vraiment fait les comptes, vous allez me dire que nous sommes à seulement 11 bouteilles et non 12. Parfait, ça vous laisse donc une marge d’une bouteille si vous avez peur de manquer à un moment ou à un autre.

J’espère que ces quelques conseils vous permettront d’y voir un peu plus clair dans ce brouillard vineux de Noël ! Sur ce de bonnes fêtes de Noël à tous, et à bientôt !

Choisir ses vins pour Noël ? Un casse-tête enneigé – Partie 1

Les températures baissent, la neige se fait désirer, et les nuits sont de plus en plus longues. Le réveillon de Noël s’approche à grands pas, et qui dit Noël dit gros repas. Pardon, énorme repas ! Et pour ce repas on aime bien boire du vin, plutôt du bon (même quand ce n’est pas Noël c’est mieux), sauf qu’on ne sait jamais comment choisir les vins pour le(s) repas de Noël.

Je ne vais pas vous donner un guide tout parfait s’intitulant « Comment choisir ses vins de Noël en 17 étapes pour le plus beau repas de votre vie », mais plutôt quelques conseils qui peuvent paraître évidents mais que l’on a tendance à oublier.

La première difficulté quand on doit choisir des vins pour ce genre de repas, c’est tout d’abord de réussir à cibler combien il y aura de personnes, combien d’entrées/plats et donc estimer la quantité de bouteilles qui vont être bues. Le mieux dans ce cas c’est de bien connaître les gens qui vont être là pour ce repas, histoire de savoir s’il s’agit de gros buveurs (non non, rien de péjoratif là dedans) ou de petits buveurs. Une fois les enfants, les personnes qui ne boivent pas ou presque pas enlevés, j’ai tendance à compter une bouteille (ou un peu moins) par personne. En gros pour 14 bons buveurs je vais partir sur une base d’une douzaine de bouteilles. Si vous avez en face de vous plutôt des moyens buveurs, comptez un peu moins et allez sur 8/10 bouteilles par exemple. N’oubliez pas que pour Noël on a tendance à faire des repas qui durent très longtemps, ce qui augmente aussi un petit peu la consommation d’alcool à table. Au lieu de rester une heure à table, on se retrouve vite à passer 2 à 3 heures à manger tout en discutant, un verre à la main.

Quand vous savez environ le nombre de bouteilles que vous devez prévoir, avant même de passer à la sélection, gardez bien une chose en tête. Vous n’allez pas être seul à ce repas (ouais, dit comme ça, ça fait un peu con). A Noël on se retrouve souvent avec plusieurs générations autour de la même table, des habitudes différentes, des goûts et des univers différents. Il ne s’agit donc pas seulement de se faire plaisir, mais de faire plaisir à tout le monde. Je parle de ça en connaissance de cause. Si je me contentais de sortir des bouteilles qui m’éclatent à Noël, je pense que la moitié des convives présents ne passeraient pas un super repas. Pourquoi ? Parce qu’en oubliant de penser aux goûts des autres, ils se retrouveraient avec des vins un peu trop perchés, des accords pas forcément conventionnels ou traditionnels. Je ne dis pas qu’il faut faire une sélection toute plan-plan et ne sortir que des Grands Crus Bordelais ou Bourguignons et mettre du Sauternes sur le foie gras. Vous pouvez complètement tenter d’éveiller la curiosité des autres convives. Gardez juste en tête de ne pas partir trop loin, sur des vins trop particuliers. Noël c’est le repas où on veut passer un bon moment tous ensemble, manger et boire de bonnes choses. Pas forcément se retrouver face à un vin et ne pas le comprendre parce que trop particulier par rapport à ses habitudes en goût. Noël c’est se faire plaisir, mais surtout faire plaisir à tout le monde !

Pourquoi ne pas tenter un Crémant d’Alsace sinon, comme ce « KB » de Christian Binner ?

Bref, une fois que vous avez votre estimation du nombre de bouteilles nécessaires pour survivre à ce repas, il faut à ce moment décortiquer un peu le menu. Dans la grande majorité des cas on commence par l’apéritif, et c’est là l’occasion parfaite de sortir un vin qui va réveiller les papilles des convives : un effervescent. Crémant, Champagne, effervescents étrangers, libre court à vos envies et votre imagination, mais, parce qu’il y a un mais, gardez vos effervescents sucrés pour plus tard. Le champagne c’est le vin qu’on veut tout le temps sortir lors de grandes occasions, mais on oublie vite qu’il y a une grande variété de dosages dans les champagnes. Le but de l’apéritif normalement, c’est de réveiller les papilles, de faire saliver, de remettre la bouche en marche pour bien profiter de tout le repas. Si vous attaquez par un champagne trop dosé (sucré donc), cela va simplement vous empâter un peu la bouche, et ne pas forcément vous mettre dans les meilleures conditions pour la suite du repas. Personnellement je pars plutôt sur des effervescents sans ou avec peu de sucres : non dosé, extra-brut, brut nature, ou à la rigueur brut.  Gardez vos effervescents sucrés pour la fin de repas, pour le dessert par exemple ou pour continuer à passer un bon moment après le repas. Au niveau quantité, je procède de façon très simple. Je compte 1 verre par personne qui boit du vin. Donc pour 14 je me retrouve avec 2 bouteilles, soit à peu de choses près 1 verre par personne (en théorie on considère 1 bouteille = 6 verres).

Huîtres & Muscadet, un accord qui marche toujours !

Sur les entrées on se retrouve souvent avec du foie gras. Hé oui, c’est Noël et on a tendance à toujours mettre du foie gras à table, et presque tout le temps en entrée. C’est là que ça devient compliqué, parce que traditionnellement on met un vin liquoreux en face, très souvent un Sauternes. Certes c’est un accord qui marche bien, mais ça fait beaucoup de sucre très tôt dans le repas. Et donc pas forcément le meilleur timing pour boire un liquoreux à table. Là je ne vois que deux solutions. Soit déplacer le foie gras en fin de repas, après le fromage, soit changer de vin. Vu qu’il est souvent compliqué de manger le foie gras plus tard et que vous ne voulez pas forcément froisser certains membres de votre famille en le mettant après le fromage, vous pouvez changer de vin. Si vous arrivez à faire passer le foie gras après le fromage, ça peut cependant donner quelque chose de très chouette. Vu que pour moi ça ne sera pas le cas, je préfère alors m’orienter vers d’autres vins que les liquoreux. Personnellement, plutôt que de passer sur des rouges je trouve plus intéressant d’aller sur des blancs. Des blancs légèrement sucrés peuvent faire l’affaire, surtout s’il y a un bel équilibre acidité/sucre. Sinon des blancs avec une aromatique assez portée sur les fruits mûrs, pouvant parfois faire penser à des liquoreux. Les pistes sont nombreuses, avec entre autre les vins à base de chenins de la Vallée de la Loire qui permettent d’avoir des vins avec de l’acidité, tout en ayant la possibilité d’être légèrement sucrés. Dans le Sud-Ouest, les vins de Jurançon par exemple peuvent également très bien fonctionner, avec un côté assez gras lié aux cépages sans pour autant être forcément sucrés.

Il se peut que d’autres mets soient proposés en entrée (ce qui va être notre cas par exemple), avec pourquoi pas des huîtres. Dans ce cas, et bien à chaque met son vin. Pour les huîtres le traditionnel accord avec un Muscadet fonctionne toujours (avec un bon Muscadet naturellement !). Les huîtres sont souvent moins prisées que le foie gras, mais cela n’empêche pas les autres convives de goûter le Muscadet par exemple. Toujours pour 14, et sur les entrées, je pars donc également sur 2 bouteilles pour ce Noël : 1 chenin plutôt sec de Loire pour le foie gras, et 1 Muscadet pour les huîtres. Normalement chacun devrait y trouver son compte, tout en ayant plutôt de bons accords.

Plutôt que de passer à la suite du repas, je vous laisse digérer tout ça et vous dit à demain !

 

Cantillon c’est bon, buvez-en !

Quelques cuvées de chez Cantillon

Aller à Bruxelles pour déguster des bières et des vins et ne pas parler de Cantillon serait limite criminel. Vu que je ne suis pas fou, je ne prends pas de risque et vais vous parler de Cantillon.

Créée en 1900, Cantillon est une brasserie emblématique de Bruxelles et d’ailleurs la seule brasserie productrice de gueuzes et de lambics installée dans la capitale. Sur place vous pouvez visiter la brasserie mais également le Musée Bruxellois de la Gueuze. Si vous passez à Bruxelles et que vous voulez découvrir le patrimoine et l’histoire de la ville c’est presque un passage obligatoire. Après avoir dégusté différentes cuvées lors de Vini Birre Ribelli, mes comparses de virée bruxelloise et moi y sommes passés rapidement le lundi matin, histoire de rentrer avec quelques bouteilles à la maison. Il faut savoir qu’il y a une telle demande de gueuzes, lambics et autres produits Cantillon que la vente est limitée à quelques bouteilles en fonction des cuvées.

Parce que ça ne parle pas forcément à tout le monde, il faut d’abord préciser ce qu’est un lambic. Un lambic, c’est ce que l’on appelle une bière de fermentation spontanée et c’est bien ce qui fait la particularité de ces bières. Il est possible de faire de la bière partout dans le monde, du moment que vous avez les compétences, les bons ingrédients et la bonne recette. Si demain vous décidez de faire de la bière, c’est possible. Il vous faudra entre autre trouver les malts, houblons et levures que vous voulez utiliser. Mais vous ne pourrez pas faire de lambic ou gueuze. Pourquoi ? Et bien parce qu’en Belgique il existe un endroit bien particulier où on trouve des levures sauvages qui vont ainsi pouvoir lancer la fermentation du moût, sans avoir à rajouter de levures. Et cet endroit c’est la Vallée de la Senne, une rivière qui s’étend sur un peu plus de 100 kilomètres et passe donc par Bruxelles. Dans cette vallée on trouve des levures sauvages : brettanomyces bruxellensis et brettanomyces lambicus (je vous laisse faire le lien avec Bruxelles et le lambic), et qui vont naturellement ensemencer les moûts laissés à l’air libre sous les toits.

Pour faire du lambic il faut donc être au bon endroit, mais également utiliser du froment (environ 35% chez Cantillon) ainsi que du houblon surranné (vieux houblons) afin de limiter au maximum l’apport d’amertume. Une fois que le lambic est ensemencé, il est mis en fût et va ensuite patienter plus ou moins longtemps. C’est entre autre ce qui va permettre de créer différentes cuvées et ainsi de faire des bières différentes. Dernier point intéressant, et qui fait que l’on se retrouve vraiment à mi-chemin entre la bière et le vin au niveau de la méthode, c’est que l’on fait des assemblages pour réaliser une gueuze. Cela va permettre d’assembler des lambics plus ou moins vieux et ainsi de construire le profil de chaque cuvée. Les vieux lambics seront plus complexes et tranquilles (sans bulles ou presque) quand les jeunes lambics pourront continuer la fermentation en bouteille (il reste du sucre dans le lambic, donc possibilité de fermenter et de créer du gaz), ce qui donnera des gueuzes plus vives et fruitées. C’est donc un peu le concept du champagne, appliqué à de la bière.

Gueuze 100% Lambic Bio

La Gueuze 100% Lambic Bio c’est l’exemple type de ce que l’on s’attend à boire quand on ouvre une gueuze. Une bière avec une belle attaque sur l’acidité et une bulle présente mais pas trop agressive. On retrouve ainsi des arômes citronnés, mais également un côté légèrement boisé. Le nez est finalement plutôt complexe car il n’est pas simple de discerner tous les arômes. Enfin la finale est bien fraîche et longue, ce qui invite automatiquement à se resservir. Cette gueuze est un assemblage de lambics de 1, 2 et 3 ans ce qui permet ainsi d’avoir un bel équilibre entre la complexité des vieux lambics et la fraîcheur des jeunes lambics.

Rosé de Gambrinus

Il est également fréquent de faire macérer des fruits dans les lambics. Cela permet d’obtenir des bières aromatisées, dont la version la plus connue est certainement la Kriek. Et ça tombe bien parce que je ne vais pas vous parler d’une Kriek de chez Cantillon, mais du Rosé de Gambrinus (en référence au légendaire Gambrinus). Ce Rosé de Gambrinus, c’est beaucoup de framboises (300 grammes par litre) qui macèrent dans un lambic de 20 mois durant 2-3 mois. Après la macération ce lambic est assemblé à un lambic d’un an afin de pouvoir relancer la fermentation en bouteille. Cela nous donne une gueuze très fruitée, sentant vraiment à plein nez la framboise, avec une trame acide qui ne nous quitte pas tout le long de la dégustation. Ce n’est pas forcément le style de bière que je préfère, mais force est de reconnaître que c’est très bien travaillé et que ce Rosé est parfait soit pour s’éveiller les papilles, soit pour se rafraîchir la bouche en fin de repas.

Bien entendu Cantillon ne se contente pas de faire que du Rosé de Gambrinus. Vous aurez peut être l’occasion de goûter leur Kriek (cerises), la Saint Lamvinus (merlot), la Vigneronne (muscat) ou encore la Fou’Foune (abricots bergerons) dont j’ai entendu le plus grand bien !

50°N – 4°E

Sortons un peu des sentiers battus maintenant ! Chez Cantillon on aime tenter des élevages différents, et faire des gueuzes uniques. C’est le cas de la 50°N-4°E (les coordonnées géographiques de Bruxelles en simplifiées) qui est une gueuze qui a passé 2 ans dans des fûts de cognac. Le fût étant imprégné du cognac ayant séjourné précédemment, il va restituer une partie de la richesse aromatique de celui-ci, et ainsi marquer le lambic. Cette cuvée n’est pas souvent disponible et pour le coup c’est une vraie chance que d’avoir pu la déguster et même d’en ramener une bouteille chacun. Car après les 2 ans de fûts, la bière est conservée à peu près 1 an en bouteille à la brasserie et elle est plutôt prisée par les amateurs. Il faut dire qu’on est en face d’une très très belle bière . Le côté cognac ressort au nez avec beaucoup de finesse, tout en laissant entrevoir la richesse de la gueuze. En bouche c’est tout simplement hallucinant de voir à quel point la finale est longue. Comme toutes les gueuzes l’attaque est sur l’acidité, la bulle est plus fine que celle de la gueuze classique. Cette gueuze est vraiment d’une profondeur incroyable, tout comme la finale qui donne l’impression de ne jamais en finir.

Grand Cru Bruocscella 2014

Et pour terminer ce petit aperçu de Cantillon, le Grand Cru Bruocsella. Il ne s’agit pas d’une gueuze, mais d’un lambic. Pas de refermentation en bouteille donc ce qui nous donne une bière tranquille (sans bulles). Dans toutes les bière de chez Cantillon c’est certainement celle qui se rapproche le plus du vin. Ce Grand Cru Bruocsella est composé de lambics vieillis durant 3 ans en fûts de chêne, et est donc millésimé. Cela permet d’avoir un lambic très affiné, qui a également évolué avec un peu d’oxygène, ce qui le rend encore plus complexe. En bouche, encore une fois, on se retrouve vraiment entre la bière et le vin. L’absence de bulles surprend au début et puis on s’y habitue assez vite. L’aromatique tire légèrement sur le côté oxydatif avec des petites notes de pomme et de noix. Ce lambic a un vrai côté vineux, et mérite d’être bu à table avec un joli plat en face. Le boire pour se rafraîchir la bouche l’été serait dommage tellement on a un vin riche et complexe. Personnellement je pense tenter d’ici peu de temps un accord avec un poulet aux morilles, ou une autre volaille accompagnée de champignon.

Je ne connais donc pas toutes les cuvées de Cantillon, mais si l’occasion se présente, ne la laissez pas passer. Rien ne dit que ça vous plaira, c’est quand même particulier les gueuzes et lambics, mais si vous êtes amateur de bières et/ou de vins, vous devriez découvrir quelque chose de nouveau et de surprenant. Et si ça vous plaît n’hésitez pas à en acheter. Cantillon vient de s’agrandir il y a peu pour répondre à la demande, mais ça reste quand même très compliqué à trouver dans le commerce.

La Belgique c’est vraiment fini (du moins pour l’instant), et il va être temps de parler de Noël. Rendez-vous samedi prochain !

 

Vins et Bières Rebelles en vue ! Partie 2

Sébastien David juste en dessous de la banderole Vini Birre Ribelli. Hasard ?

Deuxième épisode de l’aventure Vini Birre Ribelli ! Cap maintenant sur les vins venant de France ! Je connaissais déjà quelques vignerons, c’était donc l’occasion pour moi de retourner goûter leurs vins mais également de découvrir la gamme complète de certains vignerons dont j’avais jusqu’à présent goûté un seul vin.

C’est le cas de Sébastien David, vigneron installé sur Saint Nicolas de Bourgueil et qui avait 4 cuvées à faire déguster. Ce qui est intéressant avec Sébastien c’est que sur ses 15 hectares, il n’a que du cabernet franc avec globalement le même terroir partout. La différence entre les cuvées ne se fait donc pas dans la vigne mais durant la vinification, c’est sa patte qui va façonner le caractère de chaque vin, d’ailleurs il est surnommé l’hulurberlu par chez lui. Et le résultat est là, avec des vins plutôt sur le fruit et gouleyants ainsi que des vins plus structurés et fait pour patienter quelques années en caves. Pour arriver à ces résultats, Sébastien fait souvent des « infusions », préférant prendre le temps plutôt que de faire vite.

Sa première cuvée, Hulurberlu 14 (comme son surnom donc) est clairement un vin de soif. Les raisins proviennent de vignes de 45 ans (ce qui est déjà âgé quand on voit ce que certains entendent par « vieilles vignes ») et sont vinifiés en macération carbonique. Pour faire court, la macération carbonique (méthode très pratiquée dans le Beaujolais et le Languedoc) consiste à mettre les grappes entières, donc avec la rafle, dans une cuve et à saturer celle-ci en CO2. Les raisins vont donc débuter une fermentation intra-cellulaire, ce qui va permettre d’extraire de la couleur et des arômes tout en extrayant peu de tanins. En bref ça permet d’avoir des vins plutôt souples, très fruités et gouleyants. Cet Hulurberlu sent les fruits à plein nez : framboise, cerise, tout en ayant un léger côté épicé qui vient nous chatouiller les narines. A la dégustation ça donne un vin tout en souplesse avec des tanins assez discrets et veloutés et ce qu’il faut d’acidité pour faire saliver et donner envie d’y revenir.

Coef 14

Pour Coëf 14, on prend les mêmes et on recommence. Sauf que cette fois le vin est élevé en amphore au lieu de passer en cuve. L’élevage en amphore permet d’apporter de la profondeur au vin et un côté plus « pur ». Le vin gagne donc en complexité et en longueur, tout en gardant pas mal de fraîcheur, ce qui le rend très facilement buvable. L’aromatique est la aussi présente, avec ce côté fruité qui ressort bien, tout en étant plus complexe que sur l’Hulurberlu. Un très chouette vin qui mérite bien son nom : Patrick Böttcher (organisateur de Vini Birre Ribelli entre autre) avait fait remarquer à Sébastien que cette cuvée présentait un fort coefficient de buvabilité, ce qui donna donc Coëf.

Vient ensuite Kézako sur le millésime 2013, qui permet de découvrir une nouvelle facette du cabernet franc. On passe là sur un vin plus charnu et plus structuré. Il faut dire que ce Kézako est fait avec douceur et précision. Les grains sont d’abord mis dans un fût pendant un peu moins de 3 mois. Durant ces 50 jours, les raisins restent tranquillement en infusion dans le vin (une forme de macération donc), sans pour autant les écraser ou les remuer dans tous les sens. Les raisins sont ensuite pressés puis le vin est élevé dans des cuves ovoïdes pendant 12 mois. On se retrouve en face d’un vin bien fait, dont le nez tire sur les fruits noirs mûrs avec un petit peu de poivron. En bouche ça reste frais tout en étant rond, avec des tanins déjà soyeux mais qui ne sont pas contre quelques années d’attente encore. L’idéal serait de boire ce vin à table avec un bon plat fait avec amour (un rôti de veau aux olives).

Kezako 13

Dernière cuvée présentée par l’hulurberlu de la Loire, le Vin d’Une Oreille 14. Là encore, une vinification très précise qui permet d’obtenir un excellent résultat. Pas de cuve ovoïde ou d’amphore cette fois mais 24 mois d’élevage en fût, le tout en commençant par une macération carbonique de quelques jours. On se retrouve avec un vin plus discret au nez, qui a besoin temps pour s’épanouir et se dévoiler complètement. Le côté fruité est présent tout comme le bois du fût, bien que celui-ci ne prenne pas le dessus. En bouche on retrouve un vin très ample et soyeux. Une très belle bouteille qu’il faut garder quelques années ou ouvrir en avance. En tout cas avec ce vin on passe encore un niveau en profondeur et en complexité. Vraiment un gros canon !

Pour compléter ce petit tour de vins venant de France, il me faut parler un petit peu de Julien Peyras. Installé entre Montpellier et Béziers, il produit de très beaux blancs de macération ainsi que des rouges bien en place et délicieux. Pour le coup j’ai plutôt envie de parler des deux rouges que je n’avais jusque là jamais goûté.

Séraphin 14 c’est une cuvée uniquement composée de grenache. Et ça nous donne un vin gourmand, qui sent les fruits mûrs (mûre, cassis) et le sud. Bien qu’encore un peu jeune, c’est vraiment le vin à ouvrir avec des copains et un plat de lasagnes.

Lo Tarral 14

Lo Tarral 14 de son côté est un vin d’assemblage : 45% carignan, 45% syrah et 10% grenache. On retrouve encore un nez fruité, un peu plus sauvage et épicé que celui de Séraphin. Le mariage des trois cépages fonctionne plutôt bien et nous donne donc un vin riche et ample. La syrah apporte un peu plus de tanins, ce qui structure bien le vin et ajoute encore plus de caractère. Une belle bouteille en somme qui devrait gagner en complexité au fil des ans et accompagnera parfaitement une viande grillée.

Dernier coup de cœur illustré, le Chardonnay Champ d’Aubert de Valentin Morel. Jeune vigneron du Jura, Valentin a repris avec ambition le domaine familial rebaptisé pour l’occasion Les Pieds sur Terre. Parmi les quelques cuvées de Valentin, le Champ d’Aubert sort un peu du lot. Et cette particularité c’est qu’il s’agit d’un blanc de macération (12 jours). Le fait de laisser les raisins macérer avec le moût permet donc d’extraire un peu plus les composants du raisin. Le vin gagne  en richesse et en tanins, et c’est ce qui le rend très intéressant. L’acidité du chardonnay compense bien les tanins et la richesse apportés par la macération, ce qui permet ainsi au vin de rester agréable et de ne pas tomber dans le lourdaud. Un vin qui je pense conviendrait parfaitement une volaille accompagnée de quelques champignons (poulet aux morilles, volaille farcie, …).

Chardonnay Champ d’Aubert 15

Bien entendu il y a plein d’autres vignerons qui méritent d’être découverts : Clemens Busch et ses rieslings allemands à la complexité et l’équilibre fou, Strekov 1075 et ses breuvages slovaques atypiques, Ploder Rosenberg et ses vins d’Autriche élevés en amphore à la minéralité déconcertante. Mais également par chez nous avec Olivier Cohen des Vignes d’Olivier, Catherine Riss, Kumpf et Meyer, Karim Vionnet, ou encore France Gonzalvez.

Il faut le vouloir pour goûter quelques bières !

Avant de clôturer cet épisode Bruxellois, quelques mots sur The Kernel Brewery. Cette brasserie nous vient tout droit d’Angleterre, à quelques pas du fameux Tower Bridge de Londres. La gamme de bière est dense et il n’était pas forcément aisé de comprendre tout ce que pouvait raconter le brasseur. Celui-ci parlait un anglais rapide, et à moitié dans sa barbe. C’était donc tout sauf facile de comprendre tout ce qu’il racontait avec le brouhaha autour. Finalement, toute la gamme de The Kernel vaut le détour. Elle est assez étendue et variée, mais pour ceux qui aiment l’amertume maîtrisée et l’onctuosité, normalement ça devrait vous plaire. C’est d’ailleurs cet équilibre entre l’amertume apportée par les houblons et le côté crémeux de la mousse qui m’a marqué. Et cette mousse a l’air d’être vraiment une marque de fabrique de la brasserie, car retrouvable sur toutes leurs bières. Bref, elle joue vraiment son rôle et ajoute un peu de charme à la bière. Si je devais retenir une et une seule bière de The Kernel, il s’agirait sans doute de l’Export Stout London 1890. Une bière faite à l’ancienne, d’après une recette de l’époque et en essayant de se rapprocher le plus possible des mêmes ingrédients (malts, houblons, …). C’est une stout, ce qui implique donc l’utilisation de malts torréfiés, et ce sont les arômes de café et de chocolat qui prennent vite le dessus. En bouche la bière évolue vraiment, avec une attaque plutôt sur l’acidité avant de laisser l’aromatique s’installer tout comme l’onctuosité de la mousse. Celle-ci vient enrober l’amertume de la fin de bouche, ce qui permet ainsi d’avoir une superbe bière. C’est donc une belle brasserie, qui a trouvé son style et qui l’affirme.

Et voila, Vini Birre Ribelli c’est fini pour moi après 2 jours riches en dégustations et découvertes. Si vous avez l’occasion d’y aller l’an prochain, n’hésitez pas ! Le salon vaut vraiment le coup avec de nombreux vignerons de qualité, de supers stands pour manger le midi (le fond’wich, une fondue dans du pain entre autre) et même des réductions sur les voitures qui sont en vente sur place (oui bon, mieux). Et puis la ville aussi, Bruxelles ça reste une superbe ville avec des bars au top comme le Moeder Lambic où vous pouvez continuer la dégustation après le salon !

Pour ceux qui ont manqué la première partie, c’est par ICI

Vins et Bières Rebelles en vue ! Partie 1

Retour de deux jours intenses de dégustation à Bruxelles. L’occasion parfaite pour lancer mon blog !

Vini Birre Ribelli, c’est une grande réunion de vins et bières placés sous le signe de la rébellion. Un salon bien sympa organisé chaque année (depuis 3 ans) à Bruxelles. Au programme on retrouve des vins qui viennent majoritairement de France et d’Italie ainsi que des bières d’un peu partout, mais surtout de Belgique. Rebelles parce que les breuvages présentés sont élaborés différemment des standards actuels. L’endroit idéal pour déguster des vins élevés en amphore, des vins naturels, des blancs de macération ou encore des gueuzes et des lambics.

Vous parler de tous les vins dégustés serait un peu trop long alors je vais me contenter des domaines qui m’ont surpris. Et autant commencer par l’un des mes gros coups de coeur du salon, le Domaine Lammidia. Situés dans les Abruzzes et avec environ 3 hectares, Davide et Marco s’amusent à tenter et à expérimenter plein de choses. Et comme ils le disent très bien sur leurs étiquettes : « 100% uva e basta ». Que du raisin fermenté donc et rien d’autre. Une belle découverte que ce domaine qui avait près de 10 cuvées à faire déguster, principalement à base de Montepulciano pour les rouges et de Trebiano pour les blancs. Globalement leurs vins gardent toujours beaucoup de fraîcheur tout en ayant du caractère. On ressent vraiment la différence de vinification, d’élevage et de millésime entre chaque cuvée.

Dans les blancs, le Bianco Carbo 15 est une vraie surprise. Comme son nom l’indique, c’est un blanc de macération carbonique (la vinification traditionnelle du Beaujolais), ce qui est plus qu’inhabituel pour le coup. Et ça nous donne un joli vin fruité, avec une belle fraîcheur et un peu de tanins. Un vin très équilibré et original en plus !

La cuvée Bianco Anfora 15 est elle un peu plus minérale et aérienne que le Bianco Carbo. Cette fois les raisins macèrent pendant 5 jours, ce qui permet d’extraire également de la couleur et des tanins, mais pas trop. Puis le vin est ensuite élevé en amphore jusqu’au mois de juin, ce qui donne au vin une minéralité supplémentaire.

Bianco Carbo 15

Du côté des rouges j’ai été bluffé par le côté millésime qui pouvait ressortir. La différence entre Rosso Carbo 14 et Rosso Carbo 15 est vraiment impressionnante. Tous les deux à base de Montepulciano et en macération carbonique, ils présentent des profils vraiment différents. Le Rosso Carbo 14 est davantage sur le fruit et la finesse et a besoin d’un peu d’air pour s’ouvrir (réduction à l’ouverture). Dès que le vin s’est un peu posé ça donne un jus très frais et fruité, le genre de quille qu’on boit sans s’en rendre compte. Le Rosso Carbo 15 c’est un tout autre profil. Plus structuré, plus de matière, des tanins plus présents, on sent qu’en face il faut un plat avec un peu de répondant. Pour le coup je défis quiconque de dire qu’il s’agit de la même cuvée sur des millésimes différents à l’aveugle.

Pour finir, le Rosso Anfora 15 donne un vin avec plus de complexité que les autres cuvées du domaine. Le vin reste frais mais la matière est bien présente, avec des tanins déjà légèrement fondus. Il s’agit clairement d’un vin qu’il faut attendre un peu et donnera un jus encore plus chouette d’ici quelques années.

Rosso Carbo 15

Dans les autres domaines Italiens goûtés et que j’ai trouvé plutôt intéressants : Pacina, Caspri, Alessandro Viola ou encore Andrea Cervini. Si vous avez l’occasion de déguster leurs vins, n’hésitez pas, ça vaut le coup d’oeil !

Direction les bulles et la mousse avec une brasserie Bruxelloise qui sort des bières d’un très bon niveau : la Brasserie de la Senne. Cette brasserie artisanale, située à proximité de la Senne donc ne fait pas de gueuzes mais se sert tout de même des levures de la Vallée de la Senne (je reviendrai un peu plus tard sur les gueuzes et ces histoires de levures). On retrouve donc dans cette brasserie de chouettes bières, travaillées avec attention et d’un très bon équilibre. Le tout en essayant de brasser avec des houblons européens plutôt que d’aller chercher des houblons qui viennent de l’autre bout du monde. Toujours dans cet esprit de faire des bières authentiques, avec des produits les plus locaux possibles, les bières sont donc brassées à l’ancienne sans filtration ni pasteurisation.

Taras Boulba

La Taras Boulbas est l’exemple même de la bonne bière de soif, le côté léger tout en ayant une belle amertume en fin de bouche lui donne un goût de reviens-y. Une bière bien faite, avec un fort degré de buvabilité mais qui ne vous laissera pas indifférent. Autre bière de qualité, la Racines est surprenante. Brassée spécialement pour le restaurant Racines, cette bière légère est entre autre fermentée avec la levure Brettanomyces Bruxellensis, levure indigène de la Vallée de la Senne. Cette Racines est une superbe réussite de bière fraîche, facilement buvable mais ayant du caractère. L’utilisation d’épeautre lors du brassage y est certainement pour quelque chose et permet ainsi d’avoir une bière avec un côté légèrement céréalier en fin de bouche. Bref, une bière à l’attaque assez franche et qui au fil de la dégustation évolue pour laisser un côté un peu plus rustique en bouche. Bien entendu d’autres bières étaient également à la dégustation et globalement je n’ai été déçu par aucune d’entres elles. Si vous croisez les bières de la Brasserie de la Senne, tentez donc l’aventure que ce soit la Taras Boulba, la Racines, la Schieve IPA, la Bruxellensis ou n’importe quelle autre bière de chez eux !

Oude Gueuze Tilquin à l’ancienne

Pour continuer avec les bières Belges il est logique de passer maintenant du côté de la Gueuzerie Tilquin. Comme son nom l’indique, c’est une gueuzerie et non pas une brasserie. Comprenez donc par là qu’ils ne brassent pas mais vont élever et assembler des moûts déjà brassés. Les moûts sont achetés fraîchement brassés chez divers brasseurs et mis en fût de chêne pour la fermentation et la maturation afin d’en faire des lambics. La Oude Gueuze à l’ancienne (assemblage de lambics de 1, 2 et 3 ans) est bien représentative de ce que doit être une gueuze. Une attaque sur l’acidité, avec une bulle assez fine mais bien présente, le tout complété par la complexité aromatique des gueuzes. Une gueuze sympathique en somme, plus accessible que d’autres gueuzes et qui permet ainsi de découvrir ce type de bière.

Stout Rullquin

La vraie sensation lors de cette dégustation c’est la Stout Rullquin. Un OBNI  (Objet Brassicole Non Identifié) tout simplement ! Cette cuvée est en fait l’assemblage de 7/8 de Brune de Rulles et de 1/8 de Lambic de Tilquin. Le lambic apporte de la fraîcheur et de la vivacité qui répond très bien à l’alcool et à la richesse de la bière brune. Aromatiquement ça donne quelque chose d’original, avec les notes torréfiées et caramélisées de la brune qui prennent le dessus, tout en gardant quelques touches citronnées. En tout cas c’est surprenant, inhabituel et bon surtout! La personne qui nous a fait déguster nous a même conseillé d’essayer avec une carbonnade flamande et je pense qu’en effet c’est un accord qui peut marcher du tonnerre !

La suite aux prochains épisodes avec un petit détour par les vins Français et une brasserie Anglaise avant de parler un peu plus spécifiquement des gueuzes et lambics avec une brasserie emblématique de Bruxelles, Cantillon.