Choisir ses vins pour Noël ? Un casse-tête enneigé – Partie 1

Les températures baissent, la neige se fait désirer, et les nuits sont de plus en plus longues. Le réveillon de Noël s’approche à grands pas, et qui dit Noël dit gros repas. Pardon, énorme repas ! Et pour ce repas on aime bien boire du vin, plutôt du bon (même quand ce n’est pas Noël c’est mieux), sauf qu’on ne sait jamais comment choisir les vins pour le(s) repas de Noël.

Je ne vais pas vous donner un guide tout parfait s’intitulant « Comment choisir ses vins de Noël en 17 étapes pour le plus beau repas de votre vie », mais plutôt quelques conseils qui peuvent paraître évidents mais que l’on a tendance à oublier.

La première difficulté quand on doit choisir des vins pour ce genre de repas, c’est tout d’abord de réussir à cibler combien il y aura de personnes, combien d’entrées/plats et donc estimer la quantité de bouteilles qui vont être bues. Le mieux dans ce cas c’est de bien connaître les gens qui vont être là pour ce repas, histoire de savoir s’il s’agit de gros buveurs (non non, rien de péjoratif là dedans) ou de petits buveurs. Une fois les enfants, les personnes qui ne boivent pas ou presque pas enlevés, j’ai tendance à compter une bouteille (ou un peu moins) par personne. En gros pour 14 bons buveurs je vais partir sur une base d’une douzaine de bouteilles. Si vous avez en face de vous plutôt des moyens buveurs, comptez un peu moins et allez sur 8/10 bouteilles par exemple. N’oubliez pas que pour Noël on a tendance à faire des repas qui durent très longtemps, ce qui augmente aussi un petit peu la consommation d’alcool à table. Au lieu de rester une heure à table, on se retrouve vite à passer 2 à 3 heures à manger tout en discutant, un verre à la main.

Quand vous savez environ le nombre de bouteilles que vous devez prévoir, avant même de passer à la sélection, gardez bien une chose en tête. Vous n’allez pas être seul à ce repas (ouais, dit comme ça, ça fait un peu con). A Noël on se retrouve souvent avec plusieurs générations autour de la même table, des habitudes différentes, des goûts et des univers différents. Il ne s’agit donc pas seulement de se faire plaisir, mais de faire plaisir à tout le monde. Je parle de ça en connaissance de cause. Si je me contentais de sortir des bouteilles qui m’éclatent à Noël, je pense que la moitié des convives présents ne passeraient pas un super repas. Pourquoi ? Parce qu’en oubliant de penser aux goûts des autres, ils se retrouveraient avec des vins un peu trop perchés, des accords pas forcément conventionnels ou traditionnels. Je ne dis pas qu’il faut faire une sélection toute plan-plan et ne sortir que des Grands Crus Bordelais ou Bourguignons et mettre du Sauternes sur le foie gras. Vous pouvez complètement tenter d’éveiller la curiosité des autres convives. Gardez juste en tête de ne pas partir trop loin, sur des vins trop particuliers. Noël c’est le repas où on veut passer un bon moment tous ensemble, manger et boire de bonnes choses. Pas forcément se retrouver face à un vin et ne pas le comprendre parce que trop particulier par rapport à ses habitudes en goût. Noël c’est se faire plaisir, mais surtout faire plaisir à tout le monde !

Pourquoi ne pas tenter un Crémant d’Alsace sinon, comme ce « KB » de Christian Binner ?

Bref, une fois que vous avez votre estimation du nombre de bouteilles nécessaires pour survivre à ce repas, il faut à ce moment décortiquer un peu le menu. Dans la grande majorité des cas on commence par l’apéritif, et c’est là l’occasion parfaite de sortir un vin qui va réveiller les papilles des convives : un effervescent. Crémant, Champagne, effervescents étrangers, libre court à vos envies et votre imagination, mais, parce qu’il y a un mais, gardez vos effervescents sucrés pour plus tard. Le champagne c’est le vin qu’on veut tout le temps sortir lors de grandes occasions, mais on oublie vite qu’il y a une grande variété de dosages dans les champagnes. Le but de l’apéritif normalement, c’est de réveiller les papilles, de faire saliver, de remettre la bouche en marche pour bien profiter de tout le repas. Si vous attaquez par un champagne trop dosé (sucré donc), cela va simplement vous empâter un peu la bouche, et ne pas forcément vous mettre dans les meilleures conditions pour la suite du repas. Personnellement je pars plutôt sur des effervescents sans ou avec peu de sucres : non dosé, extra-brut, brut nature, ou à la rigueur brut.  Gardez vos effervescents sucrés pour la fin de repas, pour le dessert par exemple ou pour continuer à passer un bon moment après le repas. Au niveau quantité, je procède de façon très simple. Je compte 1 verre par personne qui boit du vin. Donc pour 14 je me retrouve avec 2 bouteilles, soit à peu de choses près 1 verre par personne (en théorie on considère 1 bouteille = 6 verres).

Huîtres & Muscadet, un accord qui marche toujours !

Sur les entrées on se retrouve souvent avec du foie gras. Hé oui, c’est Noël et on a tendance à toujours mettre du foie gras à table, et presque tout le temps en entrée. C’est là que ça devient compliqué, parce que traditionnellement on met un vin liquoreux en face, très souvent un Sauternes. Certes c’est un accord qui marche bien, mais ça fait beaucoup de sucre très tôt dans le repas. Et donc pas forcément le meilleur timing pour boire un liquoreux à table. Là je ne vois que deux solutions. Soit déplacer le foie gras en fin de repas, après le fromage, soit changer de vin. Vu qu’il est souvent compliqué de manger le foie gras plus tard et que vous ne voulez pas forcément froisser certains membres de votre famille en le mettant après le fromage, vous pouvez changer de vin. Si vous arrivez à faire passer le foie gras après le fromage, ça peut cependant donner quelque chose de très chouette. Vu que pour moi ça ne sera pas le cas, je préfère alors m’orienter vers d’autres vins que les liquoreux. Personnellement, plutôt que de passer sur des rouges je trouve plus intéressant d’aller sur des blancs. Des blancs légèrement sucrés peuvent faire l’affaire, surtout s’il y a un bel équilibre acidité/sucre. Sinon des blancs avec une aromatique assez portée sur les fruits mûrs, pouvant parfois faire penser à des liquoreux. Les pistes sont nombreuses, avec entre autre les vins à base de chenins de la Vallée de la Loire qui permettent d’avoir des vins avec de l’acidité, tout en ayant la possibilité d’être légèrement sucrés. Dans le Sud-Ouest, les vins de Jurançon par exemple peuvent également très bien fonctionner, avec un côté assez gras lié aux cépages sans pour autant être forcément sucrés.

Il se peut que d’autres mets soient proposés en entrée (ce qui va être notre cas par exemple), avec pourquoi pas des huîtres. Dans ce cas, et bien à chaque met son vin. Pour les huîtres le traditionnel accord avec un Muscadet fonctionne toujours (avec un bon Muscadet naturellement !). Les huîtres sont souvent moins prisées que le foie gras, mais cela n’empêche pas les autres convives de goûter le Muscadet par exemple. Toujours pour 14, et sur les entrées, je pars donc également sur 2 bouteilles pour ce Noël : 1 chenin plutôt sec de Loire pour le foie gras, et 1 Muscadet pour les huîtres. Normalement chacun devrait y trouver son compte, tout en ayant plutôt de bons accords.

Plutôt que de passer à la suite du repas, je vous laisse digérer tout ça et vous dit à demain !

 

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