Choisir ses vins pour Noël ? Fin du casse-tête ! Partie 2

Poursuivons le cheminement classique de ce casse-tête de Noël. Pour les retardataires, si vous voulez commencer par le commencement c’est par ICI. Pour les autres continuons avec le reste de ce fameux repas de Noël !

Ce Père Noël a l’air d’avoir plein de conseils !

Nous voila maintenant en face du plat, si vous faîtes dans le classique, il y a de fortes chances pour que vous vous retrouviez en face d’une volaille ou d’un rôti. C’est bon, maintenant on peut sortir les quilles de vin rouge. Ben oui, il faut bien qu’on y vienne à un moment ou à un autre. De mon côte je vais prévoir 2 cuvées différentes, pour un total de 4 bouteilles. Dans l’idée j’aime bien imaginer une suite logique entre les vins, le fait de commencer par une cuvée puis d’enchaîner sur l’autre. Mais je trouve qu’il est également important que chacun puisse faire comme il veut, surtout si l’on aime une cuvée et pas l’autre. L’idée est donc de proposer quelque chose de cohérent tout en laissant chacun faire selon ce qu’il préfère. Si vos bouteilles sont bien choisies, normalement l’ordre devrait être respecté, ce qui permettra une progression dans le vin. En tout cas ne perdez jamais de vue que lorsqu’un vin succède à un autre, il ne faut surtout pas que l’on en vienne à regretter le précédent. Les ordres théoriques du style « du plus vieux au plus jeune », « du moins puissant au plus puissant » et autres ne fonctionnent que sur le papier. Le seul moyen de savoir si votre enchaînement de vins va fonctionner, c’est de goûter. N’hésitez donc pas à ouvrir vos bouteilles quelques heures en avance et à en goûter un fond (comme ça vous savez ce que ça donne et vous avez le temps de rebondir si une bouteille est bouchonnée). Par la même occasion vous pourrez carafer un vin si ça s’avère nécessaire.

Un chapon qui gambade encore dans la nature

Après le plat on a souvent le droit à la transition fromage. Là c’est un peu délicat. Dans la très grande majorité des cas, les vins blancs s’accordent mieux que les rouges avec du fromage. La faute à des tanins trop présents, à des vins trop puissants, ou encore à des aromatiques qui ne vont pas forcément matcher avec les fromages. Sauf qu’en France on a l’habitude de toujours boire du rouge avec le fromage. Personnellement je ne me sens pas de me brouiller avec mon grand-père têtu comme une mule pour une histoire de fromages et de vin rouge. J’ai donc pour habitude de toujours prévoir un poil plus de rouge pour le plat, comme ça ceux qui veulent continuer au rouge sur le fromage peuvent. De toute façon à ce moment là, ils ne recherchent pas l’accord, juste le goût qu’ils ont l’habitude de connaître. C’est dommage parce qu’il existe plein d’autres choses avec le fromage, mais si c’est ce qui leur fait envie, pourquoi pas. Encore une fois, le but reste que chacun passe un bon repas où il se fait plaisir. Forcer quelqu’un à boire du blanc avec le fromage alors qu’il est certain que le rouge fonctionnera mieux, ça ne marchera pas. Il restera persuadé que le rouge c’est mieux. C’est le genre de chose qu’il faut faire sur la longueur, en prenant le temps. Pour les autres c’est le moment de sortir un blanc qui saura accompagner le plus grand nombre de fromages. Si vous avez un plateau assez régional, et bien faîtes de même avec le vin, choisissez un vin local. Un plateau Alsacien avec du Munster, foncez sur un gewurztraminer, un comté et vous pouvez aller sur le Jura, du beaufort et autres pâtes dures alpines et cette fois c’est l’occasion de découvrir la Savoie. De mon côté je vais me contenter de prévoir une seule bouteille pour le fromage. Une roussette savoyarde devrait parfaitement faire l’affaire et avoir ce côté assez consensuel et adaptable aux différents fromages. Entre ceux qui vont rester au rouge et ceux qui voudront faire une pause vin, ça devrait être suffisant.

Cerdon 2015 de Renardat-Fache

Et maintenant le moment fatidique, le dessert ! C’est bon, vous pouvez faire péter les vins sucrés ! Plus sérieusement, avec le dessert c’est toujours compliqué d’annoncer un accord qui passera partout étant donné les nombreuses possibilités. Entre les bûches au chocolat, aux fruits, ceux qui vont plutôt partir sur un tiramisu, un trianon ou bien une tarte tatin, il y a de nombreuses raisons de se perdre. Si vous avez un dessert plutôt fruité, vous pouvez par exemple aller sur un vin effervescent, pourquoi pas du Champagne, Crémant, ou bien un Pétillant Naturel (Pet’Nat’ comme on dit). Contrairement à ce que l’on pourrait penser, mettre un vin sec ne va pas atténuer le côté sucré du dessert. Cela renforcerait tout simplement le contraste entre les deux, et mettrait donc encore plus en évidence le sucre du dessert. Pour essayer de jouer sur cette sensation sucrée liée au dessert, il vaut mieux aller sur un vin sucré donc, tout en essayant d’apporter de la fraîcheur via l’acidité. Et c’est là tout l’intérêt des vins effervescents qui peuvent justement apporter de la fraîcheur via les bulles et leur acidité, tout en gardant le côté festif. Pour ma part je vais certainement sortir un Cerdon de Renardat-Fache, et garder une bouteille de Feste’Jar de Patrick Bouju en réserve.

Si vous n’avez pas envie d’aller sur des bulles, vous pouvez tenter les Vins Doux Naturels (VDN). Beaucoup de choix s’offrent à vous, permettant de s’adapter au dessert prévu. Gardez juste en tête qu’un VDN en face d’un dessert déjà très sucré risque fortement de le rendre pataud. L’idéal serait d’aller sur des desserts à base de chocolat et peu sucré, avec pour le coup pas mal de vins qui peuvent fonctionner, en particulier ceux à base de grenache.

Pour ceux qui ont vraiment fait les comptes, vous allez me dire que nous sommes à seulement 11 bouteilles et non 12. Parfait, ça vous laisse donc une marge d’une bouteille si vous avez peur de manquer à un moment ou à un autre.

J’espère que ces quelques conseils vous permettront d’y voir un peu plus clair dans ce brouillard vineux de Noël ! Sur ce de bonnes fêtes de Noël à tous, et à bientôt !

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