Vins et Bières Rebelles en vue ! Partie 1

Retour de deux jours intenses de dégustation à Bruxelles. L’occasion parfaite pour lancer mon blog !

Vini Birre Ribelli, c’est une grande réunion de vins et bières placés sous le signe de la rébellion. Un salon bien sympa organisé chaque année (depuis 3 ans) à Bruxelles. Au programme on retrouve des vins qui viennent majoritairement de France et d’Italie ainsi que des bières d’un peu partout, mais surtout de Belgique. Rebelles parce que les breuvages présentés sont élaborés différemment des standards actuels. L’endroit idéal pour déguster des vins élevés en amphore, des vins naturels, des blancs de macération ou encore des gueuzes et des lambics.

Vous parler de tous les vins dégustés serait un peu trop long alors je vais me contenter des domaines qui m’ont surpris. Et autant commencer par l’un des mes gros coups de coeur du salon, le Domaine Lammidia. Situés dans les Abruzzes et avec environ 3 hectares, Davide et Marco s’amusent à tenter et à expérimenter plein de choses. Et comme ils le disent très bien sur leurs étiquettes : « 100% uva e basta ». Que du raisin fermenté donc et rien d’autre. Une belle découverte que ce domaine qui avait près de 10 cuvées à faire déguster, principalement à base de Montepulciano pour les rouges et de Trebiano pour les blancs. Globalement leurs vins gardent toujours beaucoup de fraîcheur tout en ayant du caractère. On ressent vraiment la différence de vinification, d’élevage et de millésime entre chaque cuvée.

Dans les blancs, le Bianco Carbo 15 est une vraie surprise. Comme son nom l’indique, c’est un blanc de macération carbonique (la vinification traditionnelle du Beaujolais), ce qui est plus qu’inhabituel pour le coup. Et ça nous donne un joli vin fruité, avec une belle fraîcheur et un peu de tanins. Un vin très équilibré et original en plus !

La cuvée Bianco Anfora 15 est elle un peu plus minérale et aérienne que le Bianco Carbo. Cette fois les raisins macèrent pendant 5 jours, ce qui permet d’extraire également de la couleur et des tanins, mais pas trop. Puis le vin est ensuite élevé en amphore jusqu’au mois de juin, ce qui donne au vin une minéralité supplémentaire.

Bianco Carbo 15

Du côté des rouges j’ai été bluffé par le côté millésime qui pouvait ressortir. La différence entre Rosso Carbo 14 et Rosso Carbo 15 est vraiment impressionnante. Tous les deux à base de Montepulciano et en macération carbonique, ils présentent des profils vraiment différents. Le Rosso Carbo 14 est davantage sur le fruit et la finesse et a besoin d’un peu d’air pour s’ouvrir (réduction à l’ouverture). Dès que le vin s’est un peu posé ça donne un jus très frais et fruité, le genre de quille qu’on boit sans s’en rendre compte. Le Rosso Carbo 15 c’est un tout autre profil. Plus structuré, plus de matière, des tanins plus présents, on sent qu’en face il faut un plat avec un peu de répondant. Pour le coup je défis quiconque de dire qu’il s’agit de la même cuvée sur des millésimes différents à l’aveugle.

Pour finir, le Rosso Anfora 15 donne un vin avec plus de complexité que les autres cuvées du domaine. Le vin reste frais mais la matière est bien présente, avec des tanins déjà légèrement fondus. Il s’agit clairement d’un vin qu’il faut attendre un peu et donnera un jus encore plus chouette d’ici quelques années.

Rosso Carbo 15

Dans les autres domaines Italiens goûtés et que j’ai trouvé plutôt intéressants : Pacina, Caspri, Alessandro Viola ou encore Andrea Cervini. Si vous avez l’occasion de déguster leurs vins, n’hésitez pas, ça vaut le coup d’oeil !

Direction les bulles et la mousse avec une brasserie Bruxelloise qui sort des bières d’un très bon niveau : la Brasserie de la Senne. Cette brasserie artisanale, située à proximité de la Senne donc ne fait pas de gueuzes mais se sert tout de même des levures de la Vallée de la Senne (je reviendrai un peu plus tard sur les gueuzes et ces histoires de levures). On retrouve donc dans cette brasserie de chouettes bières, travaillées avec attention et d’un très bon équilibre. Le tout en essayant de brasser avec des houblons européens plutôt que d’aller chercher des houblons qui viennent de l’autre bout du monde. Toujours dans cet esprit de faire des bières authentiques, avec des produits les plus locaux possibles, les bières sont donc brassées à l’ancienne sans filtration ni pasteurisation.

Taras Boulba

La Taras Boulbas est l’exemple même de la bonne bière de soif, le côté léger tout en ayant une belle amertume en fin de bouche lui donne un goût de reviens-y. Une bière bien faite, avec un fort degré de buvabilité mais qui ne vous laissera pas indifférent. Autre bière de qualité, la Racines est surprenante. Brassée spécialement pour le restaurant Racines, cette bière légère est entre autre fermentée avec la levure Brettanomyces Bruxellensis, levure indigène de la Vallée de la Senne. Cette Racines est une superbe réussite de bière fraîche, facilement buvable mais ayant du caractère. L’utilisation d’épeautre lors du brassage y est certainement pour quelque chose et permet ainsi d’avoir une bière avec un côté légèrement céréalier en fin de bouche. Bref, une bière à l’attaque assez franche et qui au fil de la dégustation évolue pour laisser un côté un peu plus rustique en bouche. Bien entendu d’autres bières étaient également à la dégustation et globalement je n’ai été déçu par aucune d’entres elles. Si vous croisez les bières de la Brasserie de la Senne, tentez donc l’aventure que ce soit la Taras Boulba, la Racines, la Schieve IPA, la Bruxellensis ou n’importe quelle autre bière de chez eux !

Oude Gueuze Tilquin à l’ancienne

Pour continuer avec les bières Belges il est logique de passer maintenant du côté de la Gueuzerie Tilquin. Comme son nom l’indique, c’est une gueuzerie et non pas une brasserie. Comprenez donc par là qu’ils ne brassent pas mais vont élever et assembler des moûts déjà brassés. Les moûts sont achetés fraîchement brassés chez divers brasseurs et mis en fût de chêne pour la fermentation et la maturation afin d’en faire des lambics. La Oude Gueuze à l’ancienne (assemblage de lambics de 1, 2 et 3 ans) est bien représentative de ce que doit être une gueuze. Une attaque sur l’acidité, avec une bulle assez fine mais bien présente, le tout complété par la complexité aromatique des gueuzes. Une gueuze sympathique en somme, plus accessible que d’autres gueuzes et qui permet ainsi de découvrir ce type de bière.

Stout Rullquin

La vraie sensation lors de cette dégustation c’est la Stout Rullquin. Un OBNI  (Objet Brassicole Non Identifié) tout simplement ! Cette cuvée est en fait l’assemblage de 7/8 de Brune de Rulles et de 1/8 de Lambic de Tilquin. Le lambic apporte de la fraîcheur et de la vivacité qui répond très bien à l’alcool et à la richesse de la bière brune. Aromatiquement ça donne quelque chose d’original, avec les notes torréfiées et caramélisées de la brune qui prennent le dessus, tout en gardant quelques touches citronnées. En tout cas c’est surprenant, inhabituel et bon surtout! La personne qui nous a fait déguster nous a même conseillé d’essayer avec une carbonnade flamande et je pense qu’en effet c’est un accord qui peut marcher du tonnerre !

La suite aux prochains épisodes avec un petit détour par les vins Français et une brasserie Anglaise avant de parler un peu plus spécifiquement des gueuzes et lambics avec une brasserie emblématique de Bruxelles, Cantillon.

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